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Trouble bipolaire: son combat

Publié par B.Lamb

En 2018, Mariah décide de révéler dans la presse qu'elle souffre d'un trouble bipolaire depuis plusieurs années. Elle choisit le magazine américain 'People' pour se livrer sur son combat. Voici la traduction de cette interview:

"Il est temps que je partage enfin mon histoire"

Après avoir souffert en silence pendant des années, l'icône de la musique se livre sur son combat pour vivre avec un trouble bipolaire - et pourquoi elle s'est finalement faite aidée.

Bien qu'elle joue parfois les divas excessives en public, Mariah Carey est considérablement plus réservée en personne - intelligente, futée et mesurée. Elle est également une musicienne accomplie. Une des plus grandes chanteuses et auteures à succès de tout les temps, elle a vendu plus de 200 millions de disques et a contribué à emmener le hip-hop et le R&B dans la musique populaire. Mais son comportement inconstant tout au long de ces années a aussi déconcerté ses fans - et a conduit à des spéculations : souffrirait-elle d'une maladie mentale? Aujourd'hui, pour la première fois, Carey, 48 ans, se livre sur son combat pour vivre avec un trouble bipolaire de type II, une maladie qui peut causer des périodes étendues de dépression ainsi que des épisodes maniaques connus sous le nom d'hypomanie. Après avoir souffert des années, elle a récemment commencé un traitement à la suite de ce qu'elle appelle "les deux ou trois années les plus dures de sa vie" - années qui incluent un bouleversement dans sa vie professionnelle, un drame sentimental qui s'est joué en public et une télé-réalité sur la chaîne E!.

Carey - dont les parents ont divorcé quand elle avait 3 ans - a souvent fait allusion à ses batailles dans sa musique. Elle explique que les paroles de sa chanson de 1997 "Outside" décrivent ce que cela fait de grandir en tant que métisse: "Tôt tu dois faire face à la révélation que tu n'as pas ta place là où tu te sentais bien..." Dans sa chanson de 2002 "Through The Rain" elle écrit au sujet de son propre désespoir et de sa détermination: "Quand tu ne cesses d'implorer pour être sauvé mais que personne ne vient, et que tu te sens si loin que tu n'arrives pas à trouver le chemin de ta maison, tu peux y arriver seul. Tout va bien..."

Écrire des chansons et chanter l'ont aidée à traverser une enfance douloureuse, et faire de la musique, dit-elle, a toujours été "une forme de thérapie". Mais elle n'était pas bien armée pour la célébrité quand elle est venue à elle, de plein fouet, à à peine 20 ans, avec les pressions attenantes, les profiteurs et le feu des projecteurs. En 2001, une décennie après son premier album, elle est hospitalisée pour extrême fatigue émotionnelle et physique, peu de temps après son divorce du PDG de Sony Music, Tommy Mottola, en 1998, et de la rupture de son contrat avec le label Columbia Records. "Ça a été un des moments les plus difficiles de ma vie," dit-elle. "Je venais juste de quitter une grande maison de disques avec beaucoup d'attachements personnels. J'essayais de surmonter ça et d'aller de l'avant. C'était très, très difficile de combattre le système." C'est à cette période que le trouble bipolaire de Carey est diagnostiqué, mais "Je vivais dans le déni." Depuis, ses hauts et ses bas personnels et professionnels ont été le témoignage à la fois de son talent et de la maladie qu'elle gardait pour elle.

Désormais en thérapie et sous traitement, Carey partage la garde de ses jumeaux de 6 ans, Monroe et Moroccan, avec son ex-mari Nick Cannon. Elle est en couple avec le chorégraphe Bryan Tanaka, 34 ans ("Nous sommes très bien ensemble" dit-elle), et elle est de retour dans ce qu'elle appelle son "élément" - le studio d'enregistrement, où elle travaille sur un nouvel album qui sortira cette année. Carey s'est confiée à l'éditeur en chef de People, Jess Cagle, depuis sa maison de Los Angeles.

Pourquoi souhaitez-vous partager cette partie de votre vie maintenant?
Je me sens vraiment bien à l'heure actuelle, je me sens à l'aise à l'idée de parler de mon combat pour vivre avec un trouble bipolaire de type II. J'ai l'espoir qu'on arrivera un jour à libérer de la stigmatisation les gens qui affrontent quoique ce soit seuls. Cela peut être un incroyable sentiment d'isolement. Cela ne doit pas vous définir, et je refuse de le laisser me définir ou me contrôler... J'ai juste pensé qu'il était temps de parler de cette partie de moi... J'ai aussi été inspirée par le courage d'autres figures publiques qui ont révélé leurs propres batailles.

Quand avez-vous été diagnostiquée?
J'ai été diagnostiquée pour la première fois quand j'ai été hospitalisée en 2001. Je n'y croyais pas. Je ne voulais pas y croire. Je ne voulais pas subir la stigmatisation d'une maladie à vie qui me définirait et qui mettrait potentiellement fin à ma carrière. Les gens qui ont échappé à la vie avec laquelle j'ai grandi ne veulent pas revenir en arrière. J'étais vraiment terrifiée à l'idée de tout perdre, je me suis persuadée que la seule façon d'affronter ça était de ne pas l'affronter. Mon environnement quand j'étais enfant n'a pas juste intensifié ma maladie, cela a impacté ma volonté à trouver une solution à long terme pour vivre avec. Jusqu'à récemment je vivais dans le déni et l'isolement et dans la peur constante que quelqu'un m'expose. C'était un fardeau trop lourd à porter, et je ne pouvais tout simplement pas continuer comme ça... J'ai cherché et j'ai reçu un traitement, je me suis entourée de personnes positives, et j'ai recommencé à faire ce que j'aime - écrire des chansons et faire de la musique. Aussi dur cela soit-il, je savais aussi qu'il était temps d'enfin partager mon histoire.

Pouvez-vous décrire ce que vous ressentiez lors d'un épisode maniaque, ainsi que lors d'un épisode plutôt dépressif?
J'ai longtemps cru que j'avais de sévères troubles du sommeil. Mais ce n'était pas de l'insomnie normale, et je ne restais pas allongée à compter les moutons. Je travaillais, travaillais et travaillais. Je pensais que travailler et promouvoir plusieurs jours de suite sans dormir faisaient partie de ma vie. J'étais irritable et dans la peur constante de décevoir les gens. Il se trouve que je connaissait une forme de manie. Inévitablement j'allais me heurter à un mur. Je crois que mes épisodes dépressifs étaient caractérisés par une très faible énergie. Je me sentais très fatiguée, seule et triste - et même coupable de ne pas faire ce que je devais faire pour ma carrière.

Comment êtes-vous soignée maintenant?
De beaucoup de manières différentes. Je ne vais pas être super-spécifique à ce sujet. J'ai accès à de très bons soins médicaux. Je fais de l'exercice, je fais de l'acupuncture, je mange sainement, je passe de bons moments avec mes enfants et je fais ce que j'aime, c'est à dire écrire des chansons et faire de la musique. Je m'entoure également d'influences positives et je reçois enfin le soutien physique et émotionnel dont j'ai besoin. Ça ne fait pas de mal de se faire un marathon de The Office.

Est-ce que vous chercher encore quel type de traitement prendre?
En fait je prends un traitement qui a l'air plutôt bien. Il ne me fait pas me sentir trop fatiguée ou molle ou quoique ce soit de ce genre. Trouver le bon équilibre c'est le plus important.

Quand votre métier c'est d'être créatif, est-ce que cela ne rend pas plus compliqué de trouver le bon équilibre dans un traitement?
Non, je ne crois pas. Je pense simplement que c'est mieux pour toutes choses de ne pas se laisser dépasser. Le problème avec les médicaments se sont les effets secondaires, mais maintenant tout va bien. Je me sens bien.

Avez-vous essayé différents types de traitements au fil des ans? Avez-vous déjà reçu un mauvais diagnostic?
J'ai été traitée pour dépression, anxiété et troubles du sommeil. Là où j'en suis maintenant, ça ne m'intéresse pas de blâmer qui que ce soit. C'est négatif et c'est de l'histoire ancienne. J'assume ma responsabilité, et je veux aller de l'avant et guérir et faire ce que j'aime - faire de la musique et écrire des chansons et toutes sortes de choses créatives.

Au début des années 90 vous avez connu le succès du jour au lendemain. A quel point cela a-t-il été difficile à gérer étant donnés vos sentiments d'insécurité et de non-appartenance?
J'ai toujours travaillé là dessus. J'avais de l'ambition, et je voulais m'assurer que je ne revivrais pas la même chose que quand je n'avais pas les moyens. Mais en faisant ça j'ai permis à certaines personnes de me faire travailler jusqu'à épuisement dans un milieu où ils profitent parfois des jeunes gens. ...Il fallait des limites.

Travailler permet de ne pas vraiment se pencher sur le problème, qui ne disparaît pas. Il est seulement masqué par d'autres choses.
Quand j'ai débuté, j'étais si jeune et si naïve, je laissais les autres me contrôler. Je pense que je suis simplement vulnérable à ce genre de choses. Ça n'était pas sain. Je me suis sentie perdue ses dernières années. Cela me manquait vraiment de mettre tout mon cœur et mon âme dans ma musique, et tout ce que je voulais vraiment c'était retourner en studio, écrire des chansons et chanter.

Quand vous repensez à ces dernières années, est-ce qu'il y a des choses spécifiques que vous auriez aimé éviter?
J'aimerais que l'on puisse juste les effacer.

Toutes ces années?
Et bien, ces dernières années, peut-être. Mais je crois que tout arrive pour une raison. Alors peut-être qu'il fallait que j'affronte les deux ou trois années les plus dures de ma vie afin de ressortir de manière positive de tout ça.

Est-ce qu'il y a des choses qu'on vous a vu faire ces dernières années que vous auriez aimé ne pas avoir faites?
Plutôt que de blâmer des gens ou de les jetter en pature, je pense qu'il est plutôt de ma responsabilité de prendre soin de moi, et ça me donne un sentiment de puissance.

Après avoir été hospitalisée en 2001, vous êtes passée de l'épuisement à une éfficacité telle que quatre ans plus tard vous sortiez The Emancipation Of Mimi, qui a eu un impact formidable sur la musique. Comment avez-vous géré ça alors que vous souffriez de troubles bipolaires et que vous n'étiez pas sous traitement?
Quand je suis en studio à faire de la musique, je suis dans mon élément. [Pour Mimi] je suis allée à Capri. Je travaillais avec mon ingénieur en studio et je regardais le soleil se lever. Oui je travaille toute la nuit, mais je suis dans la créativité. J'ai toujours été plutôt noctambule. C'est une forme de thérapie pour moi.

Comment vos enfants vivent tout ça?
Très bien. Mes enfants sont formidables. Ils sont si intelligents et drôles. Qu'est-ce qui pourrait être plus thérapeutique que de passer du temps avec mes enfants à rire et à les regarder profiter de leur enfance? C'est ce que je veux pour eux. Ma relation avec Nick est très positive, nous partageons la garde, et la chose la plus importante que l'on puisse faire pour mes enfants c'est de leur donner ce que je n'ai pas vraiment eu, une chance de vivre dans une maison sûre et stable entourés de gens qui les aiment et les encouragent inconditionnellement.

Est-ce que la maternité a quelque-chose à voir avec votre décision de prendre un traitement?
Non, ils sont tout pour moi. Ils ne me verrons jamais m'asseoir pour pleurer et être une épave émotionnelle devant eux. Ça n'arrivera jamais.

Vous étiez fiancée à un homme d'affaire, James Packer, récemment, et beaucoup de gens se sont demandés à quoi vous pensiez à ce moment là. Voulez-vous l'expliquer?
Je me demande aussi à quoi que je pensais. Toute cette situation était un tourbillon mais je lui souhaite vraiment le meilleur.

Qu'est-ce qui vous rend heureuse aujourd'hui? Qu'est-ce qu'une journée parfaite?
On vient juste de passer une journée incroyable à Disneyland. On s'est beaucoup amusés. Il n'y a que les enfants et la musique qui comptent vraiment. J'espère que les fans pourront lire ça et ne pas se dire, "Oh mon Dieu. Qu'est-ce qui ne va pas avec Mariah?" J'espère qu'ils comprendront juste que je fais ça dans l'espoir d'aider les autres et aussi parce que cela va être une expérience libératrice pour moi.

Qu'est-ce que le trouble bipolaire?
On pense que le trouble bipolaire est causé par des changements physiologiques dans le cerveau. Les 2 principaux types - troubles bipolaires I et II - causent tous les deux des périodes de dépression, mais le type II connaît des épisodes maniaques connus sous le nom d'hypomanie, qui sont moins graves et moins longs que pour le type I. "Les patients ne réalisent souvent pas que l'hypomanie est un problème," dit le Dr. Kevin Gilliland, psychologue clinique et directeur exécutif d'Innovation 360. Le trouble bipolaire de type II est un trouble de l'humeur à vie, dit Gilliland, qui recommande une thérapie, un traitement, et des routines journalières pour faire de la maladie "quelque-chose avec laquelle vous apprenez à vivre".

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